• Natacha Mengoli

Je n'ai PAS congé!


Si vous êtes maman au foyer, que vous travaillez à temps partiel ou que vous êtes en camps de survie postnatal après avoir vécu le Vietnam en salle d'accouchement [je n'aime pas le terme "congé maternité"] , je suis certaine que vous avez déjà dû entendre ce genre de phrases lancées parfois pour rire mais parfois avec le plus grand sérieux [et là c'est vous qui avez envie de hurler de rire].

Il y a le fameux : "t'as de la chance toi, t'as congé", le délicieux : " tu peux t'en charger toi, t'as le temps" ou encore le savoureux : " t'as qu'ça à faire, non?"

Alors, je peux admettre que si vous avez qu'un enfant et que les fées du sommeil se sont penchées sur son berceau [ne jamais cesser de remercier les dîtes fées], il est possible de dégager un peu de temps pour soi durant les siestes de bébé. Ce temps que la plupart des mamans utilisent non pas pour se faire un spa, un massage thaïlandais ou une coloration des sourcils mais pour des choses un peu plus élémentaires... comme prendre une douche, se laver les dents, manger.

Si vous avez deux bébés, vous grimpez directement de 26 niveaux au jeu du Tetris [si vous avez plus de deux enfants en bas âge, je pense que vous pouvez directement postuler comme conceptrice de jeux chez Ubisoft]. Et oui, avec l'arrivée du 2ème, les plages de temps "libre" [j'entends par là, sans bébé dans les bras] fondent comme neige au soleil.

Et parfois, vos minis semblent même conspirer contre vous pour rendre la tâche encore plus ardue.

Comme ce matin-là, par exemple. Mini#2 devait avoir environ deux semaines. Vous avez encore des douleurs post-partum comme si un semi-remorque de 40 tonnes vous avait roulé dessus. Après une "nuit" de 3 heures environ, la journée commence à 6h12. Mini#2 pleure, il a de nouveau faim. Mini#1 pleure également. Il a aussi faim. Vous n'avez pas le choix, vous décrochez Mini#2 du sein pour aller faire le biberon de Mini#1. Une fois les deux ogres rassasiés, vous pensez avoir réussi le casting de "supermaman". L'audition n'est de loin pas terminée. Il faut maintenant les changer. Les habiller. Vous commencez avec le plus mini pendant que le grand éparpille les couches dans toute la chambre poursuivi par le chien qui émet de jappements de joie. Génial. Vous sentez quelque chose de chaud sur votre main. M****. Mini#2 vous a pris pour cible. Vous vous penchez pour nettoyer ce qui a coulé au pied de la table à langer. Et là. Et là, vous sentez à nouveau un liquide tiède qui atterrit directement sur le sommet de votre crâne. Ca dégouline ensuite doucement sur votre tempe. Oh mon dieu.

Franchement, avec du recul, vous trouvez cette situation hilarante.

Sur le coup, vous avez plutôt envie d'aller pleurer dans le gilet du voisin. Ou de sortir avec votre peignoir couvert de tâches suspectes hurler comme un husky désespéré sur le balcon. Finalement, vous avez juste soupiré. Vous habillez et posez Mini#2 dans son berceau. Il commence aussitôt à pleurer. Vous prenez une douche en environ 2min38 avec Mini#1 qui s'amuse à dérouler le papier de toilette toujours devant le chien qui a l'air de trouver ce début de journée des plus distrayants. Au moins un. La douche express terminée, vous sentez une odeur nauséabonde à faire fuir un putois. Pas de doute, ça provient de la couche de Mini#1 qui bien sûr répond "noooooooon" quand vous lui demandez si il a fait caca. Bon, vu l'odeur, c'est puissant. Il y en a sûrement partout. C'est le cas, body, pyjama. Rien n'est épargné. Vous lavez, changez, nettoyez, rincez, désinfectez. Mini#1 est propre. Tiens, vous n'entendez plus les pleurs de Mini#2. Les fées du sommeil ont-elles entendu vos prières? Vous vous glissez près de son berceau. Génial, il dort paisiblement. Enfin, un peu de calme. Ah non. Faux espoir. Vous remarquez qu'il a vomi partout sur les draps. Rebelote. Il est 7h23. La journée s'annonce longue.

Bon. Les choses se calment avec le temps, vous dira-t-on. Disons plutôt que les choses... évoluent. Que les épreuves se diversifient.

Comme pas plus tard qu'aujourd'hui-même. Vous avez terminé de donner à manger à Mini#2. Vous l'installez en sécurité sur le canapé. Vous disposez d'une fenêtre de 3 à 5 minutes avant qu'il ne se mette à pleurer [vive les coliques]. Vous filez changer le grand qui est encore en pyjama. Vous entendez déjà le Mini#2 pleurer. "Pipi-pot" vous dit fièrement Mini#1. Vous vous exécutez. L'apprentissage de la propreté, c'est sacré. Vous le déposez sur le pot avec une BD [eh oui, c'est un mec]. Vous lui dîtes de ne pas bouger une minute, que vous allez vite chercher Mini#2 avant qu'il ne devienne aphone. Vous revenez en 4ème vitesse à la salle de bain. Plus personne sur le pot. Vous suivez les goutelettes par terre. Vous trouvez Mini#1 sur le divan. "Pipi-canapé" vous dit-il avec un large sourire. Il est 8h23. Vous avez à nouveau envie de hurler comme un husky. Et votre canapé est désormais officiellement plus taché que votre peignoir.

Vive les journées de congé.

PS: Réfléchissez à deux fois avant d'utiliser le mot "congé" à l'attention d'une jeune maman. Un husky désespéré peut vite se transformer en husky enragé.

#bébé #postpartum #congématernité

0 commentaire

Posts récents

Voir tout