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  • Photo du rédacteurNatacha M.

La suite à 7 …

Dernière mise à jour : 3 janv.

Les dernières semaines ont été si intenses que je n’ai pas trouvé les minutes pour venir vous voir par ici… Je ferai tout mon possible, pour être plus régulière, promis.



Nous nous trouvons actuellement au cœur de la merveilleuse ville d’Istanbul. Je rêvais depuis longtemps de venir dans ce joyau des milles et une nuit et je suis tellement heureuse d’y être en famille.


Justement, la famille s’est agrandie il y a quelques semaines, ce qui explique aussi le manque de temps et l’organisation en affinage constant. Vous n’avez strictement rien manqué, ce n’était tout simplement pas du tout prévu.



On se replonge, il y a six semaines.


Nous sommes mi-novembre, en pleine découverte de l’Albanie. Nous apprécions beaucoup ce pays, authentique et préservé du tourisme de masse, du moins hors-saison. Un point noir au tableau, ce sont les chiens errants. Il y en a partout. Sur chaque spot où l’on s’arrête pour passer la nuit, nous rencontrons en moyenne 3 à 5 chiens de rue. C’est une situation difficile pour les garçons qui ne comprennent pas pourquoi ces animaux sont dehors, livrés à eux-mêmes. C’est aussi un apprentissage, celui de la route. La réalité d’ailleurs nous heurte en plein visage et ce n’est pas toujours une gifle agréable.. mais toujours édifiante.


Coup du sort ou du destin, c’est cette réalité qui va soudainement changer la nôtre. Alors que l’on cherchait un endroit où passer la nuit, dans une zone en dehors d’une agglomération, mon mari stoppe le véhicule alors que nous roulons au pas. Il me regarde :


«  Je ne peux pas avancer, un bébé chien s’est glissé devant les roues ».





Je descends du van et entends immédiatement ses jappements qui me brisent le cœur. Une boule de poils minuscule s’approche de moi, sans cesser de gémir. Il appelle à l’aide. Je me sens complètement démunie. Il est tout inimaginable pour moi de le laisser ainsi à son triste sort.





On scrute tout d’abord les alentours pour chercher sa maman ou d’autres chiots. Il n’y a strictement personne dans les environs, la nuit tombe doucement. Je prends un pull pour l’envelopper sans le toucher. Sitôt contre moi, il se tait, me regarde avec des yeux où la tendresse semble peu à peu remplacer la détresse.


Je monte dans le van pour qu’il ne prenne pas froid et on continue de rouler doucement pour chercher sa maman. Le petit vagabond s’endort immédiatement dans mes bras, soulagé. Les garçons souhaitent déjà l’adopter. On se regarde avec mon mari et on se sent complètement désemparés. Nous sommes déjà exténués de gérer au quotidien nos trois garçons et notre chienne Karma. Ajouter un chiot dans l’équation ne semble pas envisageable. Le laisser mourir sur ce parking non plus.


On décide de l’amener chez un vétérinaire, ce petit chiot à l’air en bonne santé mais il est plein de puces qui courent sur son pelage. Le vétérinaire de la ville la plus proche ne semble guère sensible à la cause des chiens de rue. Il fait les soins de base à notre petit protégé mais nous dit immédiatement que c’est impossible qu’on le garde, trop compliqué avec les vaccins et les démarches administratives.




On a quelques minutes pour se décider et malgré les réticences du docteur, on décide de le vacciner, de le pucer et de lui faire un passeport. Peut-être trop hâtivement mais sur le moment, cela nous a paru être la bonne décision, du moins la meilleure. On a aussi quelques secondes pour choisir son prénom.

« Lucky », propose mon mari.





C’est vrai que c’est un chanceux ce petit Loulou. La proposition est adoptée par toute la famille. Lucky dort dans le van avec nous, ce soir-là. On passe la nuit à lui ôter ses puces qui fuient doucement après un traitement administré par le vétérinaire. Je ne peux pas trouver le sommeil car on sait que le passage de frontières sera très compliqué. Je cherche de l’aide sur les réseaux. Je me sens perdue, je sais pas si l’on prend la bonne décision. Je mesure les conséquences. Nous sommes au début de notre voyage. La gestion d’un chiot, c’est une lourde tâche. Je me rappelle avec Karma, l’apprentissage de la propreté, l’éducation. C’est compliqué.




Pourtant, je crois en cette rencontre du destin. Lucky a rencontré notre chemin le 17.11, date à laquelle Karma est arrivée dans nos vies il y a 11 ans, après avoir elle-aussi abandonnée dans la rue. Cela ne peut pas être une coïncidence.






J’essaie de faire confiance en l’avenir et aux rencontres du destin. On va y arriver, on va trouver des solutions. Le lendemain, après une nuit blanche, nous reprenons la route. Nous changeons notre itinéraire pour aller voir une vétérinaire connue pour sa sensibilité et son amour des chiens de rue. Elle nous sera d’une grande aide pour faire les papiers de Lucky.



Quelques jours plus tard, nous passons la frontière en direction de la Grèce. Avec un petit voyageur de plus endormi à mes pieds.


Ne dit-on pas que les plus belles rencontres se cachent dans l’imprévu ?




Faire confiance en la vie, c’est un apprentissage.. c’est pas facile mais c’est ce que cette nouvelle vie sur la route nous apprend de plus beau. Malgré la fatigue, le stress, l’angoisse et les nuits volées.. on sait qu’on a pris la bonne décision.


Belle journée à vous et douce glissade vers 2024.


From Istanbul with Love,


N.


PS : Je vous prépare un article sur cette magnifique ville, un coup de cœur.




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