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Mon journal Covid-19 - semaine 3



Mardi 31.03.20


On a entamé hier notre troisième semaine, hors de la vie que l'on connaissait. Je vous ai pas écris ici parce que c'était une journée presque ordinaire. A l'exception près, bien sûr qu'on a pas mis le nez dehors. On fait les exercices d'école à distance, lu des histoires et fabriquer de la pâte à modeler. Je vous avoue que j'ai besoin de couper de cette actualité anxiogène.

C'est peut-être un peu égoïste mais je crois que c'est nécessaire pour se préserver dans cette tourmente. On pourrait presque croire que tout cela est juste un cauchemar mais pourtant les choses ne cessent de s'empirer.. On frôle les 400 morts en Suisse et on ne sait pas quand le pic de la pandémie va arriver. L'envie de sortir n'est plus vraiment là. Voir des gens gantés faire leurs courses rappellent que ce n'est pas un cauchemar malheureusement. Je me demande sincèrement quand cela va se terminer, et comment... Est-ce que l'on pourra à nouveau s'aimer de près ?


31.03.20 - 19h32


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mercredi 1er avril 20


Personne n'a envie de rire. Si seulement tout cela était juste un poisson. J'ai le cou qui me fait mal, 38 degrés de température et une fatigue immense. Rhume des foins, épuisement ou Covid-19? Le moral dans les chaussettes et les pieds froids. PS: les enfants sont couchés, c'est du jamais vu depuis 3 semaines, on frise le BO parental.


01.04.20 - 19h40


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jeudi 02.04.20


La nuit a été mauvaise et fiévreuse. J'ai rêvé tout la nuit que j'avais le Covid. Ma gorge est si douleureuse que je n'arrive plus à déglutir. A 8h, j'appelle le docteur. J'ai finalement dû attendre 16h30 pour avoir ma consultation.

C'est une grosse angine, antiobio et anti-inflammatoires mais heureusement pas de coronavirus en vue. Ouf je respire un peu plus. Je me coupe toujours comme je peux des actualités pour éviter de me laisser ronger par les angoisses et les questions sans réponse. La courbe semble doucement se tasser en Suisse mais nous nous avons quand même plus de 500 morts. Tout le monde se pose la question de l'après-confinement.. quand est-ce que la vie va doucement reprendre? Certains disent que cela va encore durer des mois, cela me démoralise tellement. Je préfère ne pas y croire.


02.04.20 -21h11

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Dimanche 04.04. 2020


On termine doucement mais sûrement notre troisième semaine d'auto-confinement. C'est étrange parce qu'au début, je me disais que l'on allait pas y arriver. Cela me démoralisait tellement de me dire que notre vie allait être mise entre parenthèse trois, quatre, cinq semaines... qui sait? Et voilà, finalement quand on a pas d'autre choix, on y arrive très bien.

On apprend à vivre autrement, on passe du temps avec nos enfants, on partage des choses que l'on aurait peut-être jamais partagé et cela ça fait du bien. Il y a toujours cette petite boule d'angoisse qui me dit que l'on est chez nous, pas par choix, mais parce qu'un virus sème la mort et le chaos dans le monde entier. J'essaie de balayer cette idée pour me préserver et essayer de garder le moral face à tout cela. Cela fait du bien de vivre au jour le jour même si cela reste un excercice particulièrement difficile pour moi.


Je suis toujours à faire mille choses, à planifier plein de projets, de voyages et de vadrouilles en famille. Là, tout est au point mort. Et la pire c'est qu'on ne sait pas pour combien de temps. Beaucoup disent qu'il est illusoire de pourvoir alléger les mesures dès le 19 avril donc dans ma tête je me suis préparer à vivre encore comme cela au moins tout le mois d'avril. Mais, il faut être rationnel, on ne va pas revivre "comme avant" avant longtemps... Et je suis pas sûre de vouloir vivre comme avant..


Je pense que l'on doit tous se poser des questions sur ce qui nous arrive. Peut-être est-ce un appel de la Terre à un vie plus simple. On s'y dirige gentiment. Les journées en auto-confinement sont simples.. On joue, on cuisine, on fait le jardin et des dessins.

C'est un cauchemar dans les hôpitaux mais on a la chance inouïe de vivre cette tempête sous un soleil de printemps qui redonne l'espoir. Pourtant, malgré les fleurs et les oiseaux qui chantent, les morts sont là. Près de 700 en Suisse et dans le monde, la situation est terrifiante, après l'italie et l'Espagne, les USA s'apprêtent à voir le fléau leur tomber dessus.


C'est triste de savoir que l'avenir imminent est gris mais je suis sûre qu'on apprendra de cette épisode difficile. On se doit de ressortir plus fort, plus unis, plus solidaire et plus conscient de cette tragique crise sanitaire et économique.


Je file dans le jardin me remplir l'âme des rayons de printemps.


04.04.20 - 16h17


 
 
 

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