• Natacha M.

Entre deux mondes...

Dernière mise à jour : 1 juil.


Mon fils a eu 100 jours hier. 100 jours d'amour, de fatigue, de doutes, de sourire, de pensées douces et parfois moins. Le post partum n'est pas un long fleuve tranquille, c'est une période pleine de challenges et de contradictions. J'avais écrit ces quelques lignes durant les toutes premières semaines de vie de Nael .. puis le tsunami du quotidien m'a submergé mais je tenais à les publier ici malgré le décalage ♡





Les dernières semaines ont été intenses, belles et douces mais aussi émotionnellement fortes avec parfois des tempêtes et des doutes. L'attente interminable pour accueillir notre trésor puis l'euphorie de la naissance, couplées encore aux douleurs, aux hormones et au manque de sommeil... c'était les montagnes russes de la vie.


L'attente ..


J'ai pensé, bien à tort, que mon troisième bébé allait suivre la lignée des grands et débarquer avant. J'étais persuadée que je n'allais pas aller jusqu'au terme. D'ailleurs dès la 37ème semaine, les contractions se sont multipliées, les douleurs aussi. Je sentais que mon corps se préparait.


Chaque soir, je me disais.. " Et si..? "


Sauf que plus les jour défilaient, plus mon ventre devenait lourd à porter, encombrant. J'avais peur de revivre le même scénario qu'avec mes grands - soit de rompre la poche sans contractions - donc j'essayais de trouver le juste équilibre entre bouger -mais pas trop - , se reposer - mais pas trop.


Finalement, on est arrivé à la dernière semaine de grossesse, la plus longue. J'ai commencé à douter : " Et si on devait finalement me provoquer? "


J'en avais pas envie, je voulais si possible qu'il vienne de lui-même. J'ai marché chaque matin. De grands promenades, guère agréables, tant mon corps me faisait mal. J'avais l'impression de me déplacer avec une enclume sur ma vessie.. en même temps, mon bébé était encore haut placé. Si haut que j'avais des remontées acides même avec mes médicaments habituelles, j'ai encore dû prendre d'autres compléments pour tenir les derniers jours.

Mon ventre était si joli dans les reflets de mon miroir, rond et harmonieux. Je savais qu'il allait me manquer, dans un sens. Pourtant, le reste de mon corps en faisait les frais. J'avais de l'eau dans les pieds et les mains - classique. C'était désagréable mais surtout cela me réveillait la nuit. Mes mains étaient si comprimées que j'en avais les fourmis. Les réveils étaient multiples, entre 3 et 6 fois par nuit. Au moins, c'était un bon entraînement pour l'arrivée de bébé..


Et les jours défilaient mais toujours pas de petit bébé. Je n'arrivais plus trop à me projeter. Certains moments, j'étais enthousiaste et sereine me disant qu'il allait tantôt être là, que c'était vraiment le dernier bout de chemin.

D'autres instants, j'en avais trop marre. Je n'avais plus envie de voir personne, plus envie d'entendre..


"Alors toujours pas là ce bébé? "


Evidemment que c'est normal, c'est humain de poser la question.. je l'ai fait aussi. Mais quand tu en peux plus, ce n'est pas la phrase que tu veux entendre..






Le vendredi 18 mars


Arrive le dernier rendez-vous avec mon gynécologue. Le contrôle auquel je ne pensais jamais assisté tellement j'étais sûre d'accoucher avant. Et pourtant.


Mon terme étant le lendemain et ma fatigue conséquente après trois semaines de faux travail, on décide de donner un coup de pouce à baby. Mon médecin pratique un décollement des membranes. Une pratique qui permet généralement de déclencher le processus sans avoir recours à des médicaments.


Immédiatement, j'ai des contractions mais difficiles de savoir si ce sont enfin les bonnes, celles qui vont faire arriver mon bébé.


Rapidement, je sens que les choses changent, que mon corps se prépare et je me dis que mon petit amour va sûrement arriver le lendemain, jour de son terme.


C'est bien ce qui s'est passé. Notre petit amour Nael a poussé son premier cri le samedi 19 mars à 7h37. S'en est suivi de nouvelles montagnes russes.


Le bonheur évidemment. Extrême. De serrer enfin mon fils contre moi, de toucher ses petites mains et embrasser ses joues roses de vie. L'adrénaline, les endorphines. Les heures défilent et pourtant je ne veux pas dormir. Je veux encore le voir, je veux voir son papa le couvrir de câlins et ses frères le dorloter. Je veux me noyer dans cet océan d'amour.


Étonnamment, je ne me sens pas fatiguée. Mon corps semble puisser dans ses réserves pour vivre le plus intensément ces premiers jours magiques. Au chapitre des émotions s'ajoutent aussi parfois des plus négatives.. la douleur n'aidant pas.


Il y a les maux post partum, les sutures qui rendent tout mouvement difficile. Les tranchées.. ces contractions qui permettent de remettre l'utérus en place mais qui sont parfois très intenses.


Mais aussi et surtout pour moi, la montée de lait. Elle est arrivée alors que j'étais déjà à la maison à J+3 environ. Je savais que ça avait été difficile pour les grands et je m'y étais préparée. Pourtant, même avant des anti-inflammatoires, les douleurs étaient violentes. L'inflammation ne s'est pas contenue à la poitrine mais a aussi gagné les ganglions des aisselles. Je n'arrivais plus à bouger mes bras sans ressentir de vives douleurs.. Et dans cet état, il fallait encore nourrir ce petit être. Là aussi, en faisant fi des douleurs, lors de chaque tétée. Et tu te mords la lèvre pour t'en échapper.


Cet instant de vie ..


Je me revois..


Mon bébé contre mon coeur. Il a 4 jours de vie. Et moi, 4 jours de nuits blanches ou presque. J'ai l'impression que chaque centimètre carré de mon corps me fait mal. Je suis même pas sûre que ce corps est le mien encore. C'est le milieu de la nuit, j'ignore l'heure. La fatigue me fait perdre la mémoire et la notion du temps. Je le place contre mon sein pour répondre à ses besoins. Et j'ai mal. Presque coupable, je ne peux l'esquiver. Cette larme qui roule sur ma joue.


Je veux garder ce souvenir en moi. Parce qu'au-delà de la douleur, il est beau et même doux. Les derniers jours de grossesses sont rudes, le post partum est rude. Le dire n'enlève rien à la beauté de cette période si particulières.


Cet entre deux mondes balançant entre bonheur et douleur.


J'ai autant aimé que détesté ces moments. Je voulais m'échapper et suspendre le temps à la fois. Et c'est pour en garder une trace indélébile que j'écris ici ces quelques lignes.


A toi, mon bébé. Merci la vie.





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